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Les électeurs de Bolsonaro dans le Nordeste © Marta Nascimento

Un véritable raz-de-marée ! Le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro a obtenu 55% des voix lors des dernières élections présidentielles au Brésil.

Le Nordeste, région pauvre et berceau de l’ancien président Lula est la seule à avoir contrarié la tendance. Mais, malgré cette résistance, le mouvement Bolsonaro y a également fait des percées.

Marta Nascimento est partie à la rencontre des électeurs.

Marlon, 28 ans, comme Ivanberto, 32 ans, habitants de Campo Grande, un village rural éloigné de tout, ont entendu parler de Bolsonaro grâce aux réseaux sociaux. Ils ont participé aux diverses communautés d’amis via WhatsApp. Pour la première fois, ils ont été acteurs d’un mouvement national, sans frontières régionales.
Chico, 63 ans, petit paysan, apiculteur, qui vit dans une commune lointaine, dans la zone aride, où les maisons sont parsemées dans le paysage. Il explique que l‘insécurité est arrivée là-bas aussi. Des jeunes en moto arrivent à la tombée de la nuit et dérobent tous les téléphones portables des habitants. Bolsonaro lui semblait l’homme qui pourrait imposer la loi.
A quelques kilomètres de là, Edinalva, 28 ans, une habitante d’une communauté de descendants d’esclaves (Quilombola), a peur de Bolsonaro qui est ouvertement contre les minorités et souhaite en finir avec les aides sociales et culturelles dont elles bénéficient. Bolsonaro, par ailleurs, après une visite dans une communauté, a déclaré: « L’afro-descendant le plus léger pesait 80 kg. Ils ne font rien. Ils ne servent même pas à la reproduction .»

Ces rencontres nous aident à comprendre la montée des extrêmes au Brésil comme ailleurs : la libération inconditionnelle de la parole via les réseaux sociaux, formateurs d’une opinion publique, une aversion à la politique traditionnelle et le populisme comme réponse au malaise social.